Assemblée générale 11 février 2017

ASSEMBLEE GENERALE DU 11 FEVRIER 2017

RAPPORT MORAL 2016

(Mesdames, Messieurs, chers amis, bonjour à tous)

Je vous remercie tous d’être présents à cette assemblée générale et plus particulièrement à l’UDAF qui nous accueille dans ces locaux très agréables, et puis bien sûr un grand merci à Marie-Hélène Gauthier, directrice de l’Adoption au pôle Enfance et Famille/adoption de la Métropole du Grand Lyon qui soutient fortement Horizon Parrainage sur le territoire.

2016 a été la 1ère année de mon mandat, une année complète pendant laquelle j’ai pu réellement mesurer la teneur de ma mission et l’ampleur de la tâche à accomplir.

Car si l’on sait qu’Horizon Parrainage est l’unique association qui développe le parrainage de proximité sur la Métropole de Lyon et le Rhône, c’est bien évidemment vers notre association qu’affluent les nombreuses demandes des familles.

Plusieurs phases de structuration se sont succédées depuis 2015 avec, en ligne de fond, une volonté de faire reposer chaque activité de l’association sur des forces plurielles, plus que sur des individualités.

La construction des 4 pôles que vous connaissez, a favorisé l’instauration de groupes de volontaires compétents dans chaque domaine d’activité, co-animés par des bénévoles particulièrement impliqués.

En 2016, nos constats ont fait apparaître un certain nombre de déficits de coordination, de circulation d’informations, de clivage entre les commissions,  d’absence de lisibilité sur le « qui fait quoi »et une insuffisance de concertation sur la situation des familles.

D’où la nécessité de se poser, partager nos observations et réfléchir, le but étant d’améliorer la mise en œuvre, l’accompagnement et la sécurisation des  parrainages, tout en préservant l’engagement des bénévoles dans le respect de leurs motivations, compétences et disponibilité.

Bénévoles et salariées ont entrepris un travail de réflexion en sous commissions pour rendre cohérent le projet d’ensemble.

Aujourd’hui, nous pouvons déjà mesurer les effets de notre nouvelle organisation principalement par :

–         Une étude plus approfondie de la situation des famillesen amont du CAP qui permet de hiérarchiser les priorités et affiner l’adéquation entre besoins des enfants et attentes des parrains.

Le CAP (Ex Comité d’admission des parrains) devient de ce fait : « Comitéd’Admission des Parrainages ». Il est l’instance pilote et décisionnaire de toute l’activité principale de l’association.

–         La participation des référents au CAP, qui crée une synergie entre tous les bénévoles de compétence médico-socio-éducative, décloisonne les commissions et permet aux référents de s’approprier les suivis en ayant une meilleure connaissance des situations dès le démarrage de leur action.

–         La révision de tous nos documents internes dont la convention de parrainage, qui devient définitive au terme de 6 mois, si tout se passe bien (suppression donc de la convention provisoire).

–         Une plus grande lisibilité des articulations entre bénévoles et salariées en fonction des  attributions de chacune.

Cette phase de structuration est à présent terminée. Décloisonnée et articulée, l’architecture intérieure permet de mieux identifier le rôle de chaque bénévole en coordination avec les salariées. L’accueil des nouveaux bénévoles en sera facilité, même s’il reste encore quelques aménagements à penser de ce côté.

Sur le plan du développement de notre activité, 3 domaines d’évolution significative ont été actés en 2016 :

–         Tout d’abord l’ouverture d’une antenne à Villefranchequi a été officialisée par le CA de juin 2016. 6 bénévoles composent déjà une équipe qui dynamise le secteur avec une énergie impressionnante, en lien avec le siège de l’association. Merci à Sophie Berne qui en a pris la responsabilité et qui pourra nous en parler toute à l’heure.

–         La commission communicationqui était essentiellement portée par une salariée (Marion Sessiecq), a récemment accueilli Karine Michaud, attachée de presse et volontaire pour en prendre la responsabilité. Ainsi étoffée, cette commission propulse  l’association dans sa démarche de visibilité sur le territoire.

–         Et enfin le café rencontre trimestriela  inauguré cette année une nouvelle formule d’accueil des familles et des parrains/marraines qui deviennent force de proposition des thèmes choisis et acteurs des groupes d’échanges constitués.  Isabelle Prin-Vivien, qui en est la maitresse d’œuvre, a bousculé les habitudes et insufflé une dynamique participative riche, qui allie réflexion et convivialité.

Si ces évolutions internes et externes reflètent l’état d’esprit volontaire et participatif de tous ses artisans, il est nécessaire de mettre en lumière 6 constats :

1 – L’activité de l’association (entre 110 et 155 parrainages) repose essentiellement sur du bénévolat de compétences socio-médico-éducative, composé  de 17 volontaires du plus engagé au plus  « satellite ».

 2 – L’arrivée de nouveaux bénévoles ne fait que compenser la mise en retrait d’autres et la grande majorité exerce une activité professionnelle en parallèle.

3 – Notre campagne de communication produit les effets espérés en favorisant la candidature de parrains potentiels pour lesquels nous devons programmer des entretiens.

Par ailleurs le nombre de dossiers familles ne diminue pas.

5 – Les CAP mensuels saturent sous l’examen des candidatures et décisions à prendre.

6 – Les situations de plus en plus complexes de parrainages accaparent les référents concernés. Sachant que les arrêts de parrainages sont également à accompagner.

Dans ce contexte, l’association fonctionne à flux tendu et se maintient au point d’équilibre dont je parlais déjà l’an dernier entre le temps de bénévolat disponible et la « gestion »globale des  parrainages.

A l’appui de ces éléments, je confirme que nous avons atteint une limite que nous ne pourrons pas dépasser.

Il revient donc à l’association de se déterminer sur  l’alternative suivante :

–         1. Maintenir l’association dans sa configuration actuelle qui repose essentiellement sur du bénévolat, ce choix impliquant un faible développement de son activité, voire une stagnation au point d’équilibre déjà atteint.

–         2. Se doter d’un poste de salarié socio-éducatif à temps partiel, qui aurait pour mission de coordonner l’ensemble de l’activité  des parrainages, en lien avec les bénévoles de compétence. Une solution à explorer serait la mise à disposition d’un personnel qualifié (par une association ou un partenaire non financier de préférence).

Cette 2ème voie, si elle s’avère possible après une étude de faisabilité, devra s’envisager avec précaution.

Car ce serait faire le choix, à l’instar de certaines associations de parrainage en France, de conduire Horizon Parrainage vers une professionnalisation sociale.

D’un côté nous augmenterions notre capacité à générer des parrainages, de l’autre nous prendrions le risque de sacrifier une part de notre identité.

Si Horizon Parrainage œuvre depuis 2005 dans le champ de la  solidarité intergénérationnelle, il n’est plus à démontrer que sa force réside en ce que ses actions sont entièrement bénévoles sur le terrain du parrainage.

Notre association est de ce fait  un bel exemple d’engagement de la société civile dont elle peut être fière, mais qui atteint ses limites.

 Nous devons donc aujourd’hui prendre plus acte de ses limites que de ses  faiblesses et y répondre de façon appropriée.

Par un heureux hasard de calendrier, le conseil d’administration sera prochainement conduit à envisager l’avenir de l’association lors de la production de son projet pluriannuel.

Ce projet sera soumis à l’approbation de la prochaine assemblée générale.

PERSPECTIVES 2017

–         Élaboration d’un projet associatif sur 3 ans

À partir de l’historique de l’association, de son éthique et de ses valeurs, de nos constats extraits des 2 années précédentes, quels axes d’évolution pour 2017/2020 ?

–         Révision du règlement intérieur

Qui doit être mis en adéquation avec les nouveaux statuts et le projet associatif.

–         Recherche de fonds publics et privés

–         Étude du décret d’octobre 2016

Un paramètre d’importance apparaît à travers l’article 13 de la loi du 14 mars 2016 relative à la Protection de l’enfant, loi aujourd’hui cadrée par un décret du 10 octobre.

Les parlementaires ont souhaité déléguer à la société civile la possibilité qu’un enfant pris en charge par l’ASE, puisse être accueilli par un tiers, à titre bénévole. Le but étant d’élargir les possibilités d’offrir un accueil durable à un enfant, de façon permanente ou pas et de manière adaptée à ses besoins, ceci sous la « tutelle »de la protection de l’enfance.

On pourrait y voir la nécessité pour l’état de déléguer à la société civile ce qu’il ne peut plus financer. Mais perçu du côté du verre à moitié plein, cette volonté gouvernementale pourrait avoir des effets à long terme sur notre société, à partir du vecteur de solidarité qu’elle introduit et encourage.

Une lecture approfondie et concertée sera nécessaire pour mieux évaluer le rôle que pourraient y jouer les associations de parrainages de proximité, sans perdre leurs valeurs fondatrices. Ce décret suscite déjà beaucoup de questions, entre autres :

–         ce décret pourrait-il être une porte d’entrée à la reconnaissance juridique du parrainage de proximité ?

–         Qu’est-ce qui différencie les personnes concernées par ce décret, des tiers dignes de confiance ?

–         La loi définirait elle ainsi un statut intermédiaire entre parrains de proximité et tiers dignes de confiance ?

–         Projet d’accompagnement spécifique des jeunes à partir de 16 ans dans le cadre d’un parrainage de proximité approprié.

–         Étude des besoins en formation pour les bénévoles.

L’objectif est de faire corps autour de problématiques communes et d’éviter l’épuisement de nos ressources humaines bénévoles.

Il me reste à remercier chaleureusement chaque bénévole et salariée qui participe à la vie de l’association, avec ses compétences bien sûr, mais pas seulement…

Car un autre essentiel est le savoir être, celui qui donne envie de continuer à réfléchir tout comme à rire ensemble.  

Pour cela, je tiens à dire tout le plaisir que je prends à donner du temps à Horizon Parrainage et à le partager avec vous.

Merci.

Mireille OGIER Présidente AG du 11 février 2017

Retrouvez le rapport moral dans la partie Info/Presse

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